52 souvenirs d’enfance – Jouer dehors

Les anges, les bonhommes et les forts

Tout dernièrement, je suis tombée sur une photo de moi qui avait été prise à l’hiver 1957 ou 1958.  Une photo en noir et blanc.  Je devais avoir deux ou trois ans.

Je ne peux pas dire que je me souvienne vraiment de cette époque, mes souvenirs arrivent beaucoup plus tard dans ma vie. Sauf que le bonnet que je porte… je le reconnais.  Probablement parce que ma mère l’avait conservé longtemps. Je me souviens même d’avoir fait porter ce bonnet à mes poupées.  Un petit bonnet blanc en « minou » avec des petites pointes en forme d’oreilles de chat.  ll devait avoir été fabriquée avec une douce laine Angora. 

Pour me protéger contre le froid, ma mère m’enfilait une combinaison d’hiver, et je ne sais pas pourquoi, mais j’ai le vague souvenir qu’elle était jaune.  Mes mitaines, fixées à chacune des extrémités d’une longue corde de laine, passaient par les manches.  De cette façon, il était impossible que je perde mes mitaines.

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé jouer dehors, été comme hiver.  Sensation de liberté, moment de créativité.

Mes premières créations ont été de tracer des anges dans la neige fraîchement tombée. En me couchant sur le dos, je balayais tout simplement la neige en bougeant mes bras de haut en bas pour faire apparaître les ailes d’un ange.

Crédit photo : Pixabay

Un peu plus tard, on m’a montré qu’à partir d’une simple balle de neige, je pouvais la rouler, la rouler et la rouler encore jusqu’à ce que j’obtienne une immense boule qui formerait la première partie du corps d’un bonhomme de neige.  J’ai toujours aimé faire des bonhommes de neige, surtout lorsque la neige était « collante » **.  Je partais ensuite à la recherche de cailloux pour lui faire des boutons sur le ventre et deux d’entre eux servaient pour les yeux.  Une vieille carotte jouait le rôle du nez.  De chaque côté du corps, deux branches sans feuille était fixées pour les bras.  Pour m’assurer que mon bonhomme ne souffre pas trop du froid, je lui mettais un vieux chapeau melon noir sur la tête et je lui nouais un foulard rouge autour du cou.

J’ai toujours aimé faire des bonhommes de neige.  Il  m’arrive encore d’en faire, même à mon âge.

Par la suite, j’ai appris à construire des forts.  Il faut dire que dans les années ’60, la neige n’était pas ramassée comme de nos jours.  La charrue*** passait régulièrement suivi d’une énorme souffleuse. Les bancs de neige étaient suffisamment hauts pour qu’on puisse y faire des tunnels secrets.  Des heures de plaisirs avec les amis du coin. La guerre des tuques n’était pas encore projeté sur nos écrans, mais je dirais que nos batailles de balles de neige ressemblaient étrangement à ce qu’on peut y voir dans ce film.

Construire des forts nous procurait des heures et des heures de plaisir et ça se terminait souvent par une bonne tasse de chocolat chaud garni de mini-guimauves.

De nos jours, j’ai l’impression que les enfants jouent de moins en moins dehors.  C’est bien malheureux!


**Neige collange : On entend aussi dire « de la neige à bonhomme » ce qui veut dire que la neige est parfaite pour construire des forts, des sculptures et des bonshommes de neige. Cette neige parfaitement mouillée « colle » et facilite la fabrication d’œuvres toutes blanches. (Sélection.ca)

*** Charrue : Au Québec, une charrue peut être une souffleuse à neige ou un chasse neige qui passe l’hiver sur les routes pour dégager les voies de circulation.

4 réflexions sur “52 souvenirs d’enfance – Jouer dehors

  1. Isabelle Frappier dit :

    Moi, j’adorais faire des igloos! On faisait nos briques de neige avec des plats Tupperware et on montait ensuite nos murs. Mais pas le droit de faire de toit! Ma mère avait une peur bleue que ça s’écroule sur nous et elle surveillait par la fenêtre! Et si elle nous voyait manger de la neige, je te dis qu’elle tapait dans la vitre! Ah, c’était le bon temps!!!

  2. colettedc dit :

    Bonsoir Josée, tu as tout à fait raison. Les enfants sont informatisés, et trop parfois, hélas !
    Ce que tu décris ci-haut, moi de même, je l’ai fait ! Notre maison était à quelques pas du chemin principal. La charrue et la souffleuse poussaient la neige, et comme c’était tout proche mon père creusait avec nous pour bien solidifier le tout. Il craignait ! Il disait lorsque vous entendez venir la charrue, sortez vite de là. J’avais seulement un frère plus jeune que moi (décédé en octobre 2016). De chaque côté du chemin, en revenant de l’école, nous marchions sur ces bancs de neige, et nous étions à la hauteur des toits. Oui, que de beaux et bons souvenirs nous avons !
    Bonne poursuite de cette soirée !

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