Cadavre exquis

Pour son atelier d’écriture, Marie nous invite à la poésie en partant du poème “mon rêve familier” de Paul Verlaine et en changeant à notre guise les morceaux de phrases en gras. Voici le poème, en première partie et par la suite, tu verras comment je l’ai transformé avec mes mots.


Paul Verlaine a écrit…

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.


J’ai écrit…

Je fais souvent ce même dessin, parfois troublant,
D’une femme inconnue, pourtant que je reconnais,
Et qui n’est, chaque fois, pas tout à fait parfait
Je la regarde, elle me regarde et me comprend.

Devant ma sage femme, et mon coeur transparent,
Subitement, la vie cesse d’être un problème
Pour elle seule, sage comme un être suprême,
Elle seule, sait me propulser vers l’avant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Va savoir.
Son nom ? Je le répète, le matin et le soir
Comme ceux que j’aime et qui ne sont plus là.

Ses yeux si scintillants, au regard des statues,
Et, pour sa voix qui me rassure de l’au-delà
L’inflexion de son clin d’œil m’a convaincue.

2 réflexions sur “Cadavre exquis

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