Cadavre exquis

Pour son atelier d’écriture, Marie nous invite à la poésie en partant du poème “mon rêve familier” de Paul Verlaine et en changeant à notre guise les morceaux de phrases en gras. Voici le poème, en première partie et par la suite, tu verras comment je l’ai transformé avec mes mots.


Paul Verlaine a écrit…

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.


J’ai écrit…

Je fais souvent ce même dessin, parfois troublant,
D’une femme inconnue, pourtant que je reconnais,
Et qui n’est, chaque fois, pas tout à fait parfait
Je la regarde, elle me regarde et me comprend.

Devant ma sage femme, et mon coeur transparent,
Subitement, la vie cesse d’être un problème
Pour elle seule, sage comme un être suprême,
Elle seule, sait me propulser vers l’avant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Va savoir.
Son nom ? Je le répète, le matin et le soir
Comme ceux que j’aime et qui ne sont plus là.

Ses yeux si scintillants, au regard des statues,
Et, pour sa voix qui me rassure de l’au-delà
L’inflexion de son clin d’œil m’a convaincue.

Un lunch presque parfait

Tranche de vie d’une sexagénaire

D’un commun accord, elles avaient convenu de se rencontrer sur l’heure du lunch dans un petit resto du Vieux-Montréal.

La température est douce en ce début mai, elles pourront donc manger sur la terrasse.

Trouver une place de stationnement n’a vraiment pas été une sinécure.

« J’aurais dû suivre le conseil de Louiselle et prendre le métro! J’aurais pu garer la voiture beaucoup plus facilement au nord de la ville. Mais bon, le mal est fait! » bougonne Blandine.

Ce qui ne semble pas de bon augure pour cette rencontre entre elle et Fernande, une ancienne collègue de travail qu’elle n’a pas revue depuis près de dix ans. Que le temps passe!

Toujours aussi ponctuelle, Blandine arrive la première sur les lieux. L’hôtesse l’accueille avec enthousiasme et lui suggère une petite table dans un coin légèrement ensoleillé. Elle lui offre d’ouvrir le parasol. Blandine retire son masque qui est toujours requis dans les endroits publics.

« Bonjour, mon nom est Cynthia, je serai votre serveuse aujour’hui. Puis-je vous offrir quelque chose à boire en attendant l’arrivée de votre amie? » lui demande-t-elle gentillement.

« Apportez-moi une eau pétillante citronnée, mademoiselle, avec quelques glaçons » de lui répondre Blandine.

Place Jacques-Cartier, Vieux Monréal.

Elle profite de ce moment pour observer les gens qui viennent et qui vont sur la Place Jacques-Cartier.

Il y a de la joie dans l’air! Le retour du beau temps y est sûrement pour quelque chose. Les couples se promènent bras dessus, bras dessous. D’autres se sont installés sur un banc pour profiter du soleil. De jeunes enfants sont excités par le son strident de la trompette d’un amuseur de rue.

Comme une petite fille, Blandine s’ébaudît sur sa chaise en attendant Fernande, son ancienne collègue de travail.

« Il faudra que je revienne avec Raoul au courant de l’été. Je suis certaine qu’il apprécierait l’ambiance festive de cet endroit. « 

Au loin, elle aperçoit une dame dans la soixantaine, bien mise, qui s’approche du restaurant d’un bon pas avec un air cuistre et ridicule… Blandine croit reconnaître Fernande sous un chapeau à large rebord…

Dans sa tête, Blandine se perd soudainement dans un tintamarre de pensées plus loufoques les unes que les autres.

« Fernande? Mais qu’est-ce qu’elle a changé! Elle, que j’ai connu si discrète au travail, je ne la reconnais plus. Et si je m’étais trompée sur elle…« 

En pensant qu’elle devra passer les prochaines heures avec cette pimbêche, un goût nidoreux lui remonte subitement en bouche !


Conclusion. Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée de vouloir, à tout prix, rencontrer les gens qu’on a perdu de vue depuis plusieurs années. Nos routes se sont éloignées et si elles ne se sont pas croisées à nouveau, il y a certainement une raison. Une collègue de travail n’est pas nécessairement une amie. On peut avoir plusieurs points en commun au travail mais dans la vie personnelle, cela peut être totalement différent.


Cette fois-ci, Marie nous invitait à faire se rencontrer deux personnages qui ne se sont pas vus depuis 10 ans, en intégrant les mots suivants:

sinécure, cuistre, s’esbaudir, nidoreux et tintamarre.


Pour d’autres histoires de Blandine:

  1. Tranche de vie d’une sexagénaire
  2. Toujours à la pharmacie
  3. Sa forêt magique
  4. Au bord des larmes
  5. Le retour de la bonne humeur
  6. Noir et blanc
  7. À la bibliothèque
  8. La lettre
  9. Devine qui vient luncher?
  10. Une journée de pluie
  11. L’invitation
  12. Blandine se sent belle
  13. Bonheur constant
  14. Les pages du matin
  15. La première neige
  16. Insomnie
  17. Quatorze février
  18. Ménage du printemps
  19. Odeur du jardin
  20. Trouvaille au grenier
  21. L’histoire se répète
  22. À l’improviste

Une maman

Atelier d’écriture de Ghislaine #184

Pour cet atelier, Ghislaine nous propose d’écrire un texte avec les 8 mots imposés suivants: Glisser, plisser, délice, caprice, malice, tisser, complice, aimer. En ce jour de la fête des mères, voici ce que ces mots m’ont inspiré. « Une maman ».


Une maman

Faire connaissance
Dès la naissance
D’un être si petit
Dans ses bras blotti
Des liens serrés tissés
Au fil des années

Sans conditions, aimer
Rien d’imposé
Plisser les yeux
Sourire radieux

Devenir complices
Un pur délice
Sans aucune malice
Laisser glisser
Quelques caprices
Entourer
De ses bras aimants
Voilà le rôle d’une maman.


Bonne fête des mères à toutes les mamans du monde!

Et si ma maison…

Challenge d’écriture

Une passion…

En voyant cette image que Marie nous propose pour le challenge d’écriture de cette semaine, j’ai tout de suite pensé à une de mes passions qu’est la photographie.

La photographie est ma façon à moi de calmer mon intérieur.

Elle me permet de partir à l’aventure pendant quelques heures, caméra au cou et ne plus penser à rien.  Au fil du temps, je me suis vite aperçu que la photographie me permettait de voir ce monde extérieur autrement. 

Je peux tourner autour d’un arbre fruitier pendant plusieurs minutes afin de capter « LA » photo qui sera différente de celle prise par un autre, je peux marcher des dizaines de kilomètres et perdre la notion du temps.

L’écriture est une autre façon de s’évader. Déposer les mots sur papier, une lettre à la fois. Juste pour le plaisir…


Et si ma maison…

Et si ma maison une caméra était,
Des histoires à raconter, elle en aurait.

Des gens qui passent, soir et matin, en voiture
À basse vitesse ou à vive allure.
Des ados qui défilent sur une planche à roulettes
Tandis que d’autres roulent à bicyclette.
Des gens au pas de course ou des gens à pied
Qui s’arrêtent, à l’occasion, pour jaser.

Les journées passent et finissent par se ressembler
Au fil des saisons, seule la nature semble changer.

Des images à capter, il y en a, toujours il y en aura
Il suffit de regarder droit devant soi.
Cliquer, capter afin de se remémorer
De doux moments tirés du passé.

À l’improviste

Tranche de vie d’une sexagénaire – À l’improviste

Le ciel est gris, elle ne parvient même pas à voir la forme des nuages opaques. Sauf au loin où les rayons du soleil veulent se frayer un chemin dans un ciel qui semble un peu plus vaporeux. Serait-ce un signe que le beau temps arrive enfin?

Les températures sont à la baisse depuis quelques jours. C’est frisquet, même à l’intérieur de la maison. Elle enfile son châle de laine rouge, celui qu’elle a reçu en cadeau, en septembre dernier. Mais non, ce n’était pas son anniversaire. Sa fille avait tout simplement voulu lui faire plaisir.

Une bonne soupe

Ce matin, Blandine a fait quelque chose qui lui parait inhabituel. Elle avait un reste de chou et quelques carottes qui commençaient à flétrir au frigo. Alors, pourquoi ne pas en faire une bonne soupe aux légumes qu’elle a coutumes de faire durant la saison hivernale et qui parviendrait peut-être à réchauffer son vieux squelette!

Blandine est du genre à ne pas jeter ses choux gras, donc, elle en profite pour faire le tour du frigo et ajoute tous les légumes qui pourraient agrémenter le goût de son potage. Oignons, céleri, reste de brocoli, tout y passe! Un peu de sel, beaucoup de poivre. Aux dires de son entourage, sa soupe est succulente.

Le chien de la voisine

Alors qu’elle s’affaire à l’évier, elle aperçoit, par la fenêtre, le chien blanc du voisin, un petit Shih Tzu, qui s’en donne à coeur joie dans le trou de boue créé par les pluies diluviennes des sept derniers jours.

« Ouf! J’en connais une qui ne sera pas très heureuse! » se dit Blandine en elle-même.

Cet animal a l’habitude d’être traité aux petits oignons. Sa maîtresse le brosse régulièrement, rendant son pelage immaculé et léger comme de la soie. Elle le chouchoute continuellement.

Pendant que tout mijote sur la cuisinière, Blandine retourne s’asseoir au salon pour terminer le livre de Simon Boulerice qu’elle a commencé hier.

À peine assise, la sonnette de la porte se fait entendre. Elle ouvre la porte et aperçoit son amie toute souriante.

« Salut Louiselle! De la belle visite! Serait-ce l’odeur de ma soupe qui t’amène? Viens t’asseoir, on va se servir un bol bien fumant! »


Ce texte a été écrit à partir d’un défi lancé par Ghislaine.

Voici les consignes pour l’atelier #184.

Mots imposés: Gris, rouge, gras, boue, blanc, opaque, vaporeux, léger.
Un texte avec au moins 5 mots commençant par S.


Pour d’autres histoires de Blandine:

  1. Tranche de vie d’une sexagénaire
  2. Toujours à la pharmacie
  3. Sa forêt magique
  4. Au bord des larmes
  5. Le retour de la bonne humeur
  6. Noir et blanc
  7. À la bibliothèque
  8. La lettre
  9. Devine qui vient luncher?
  10. Une journée de pluie
  11. L’invitation
  12. Blandine se sent belle
  13. Bonheur constant
  14. Les pages du matin
  15. La première neige
  16. Insomnie
  17. Quatorze février
  18. Ménage du printemps
  19. Odeur du jardin
  20. Trouvaille au grenier
  21. L’histoire se répète

L’histoire se répète

Tranche de vie d’une sexagénaire – L’histoire se répète

Depuis que le printemps a fait sa marque sur le calendrier, Blandine a repris sa routine de marcher jusqu’au parc qui est situé à quelques kilomètres de chez elle.

« Tiens, ils ont remis la boîte à livres à l’entrée du parc! » remarque-t-elle.

Effectivement, depuis la pandémie, les boîtes à livres avaient été retirées pour les raisons qu’on connait.

Blandine décide de prendre une pause. Le banc de bois, repeint il y a quelques jours, fait face au soleil. Alors, pourquoi s’en priver. Mais avant de s’asseoir, elle ouvre la petite porte vitrée de la boîte et se choisit un bouquin dont la reliure attire son attention. En ouvrant le livre, elle lit la phrase suivante :

« Je n’attendais que vous,
rendez-vous demain
même heure, même endroit”.

« On dirait que l’histoire se répète! » pense tout bas Blandine.

Souvenirs

En effet, le 22 mai 2021, c’est ici que Blandine avait trouvé le magnifique livre ancien marron dans lequel elle avait découvert une enveloppe.

Blandine ferme les yeux et se remémore ce moment. Cette enveloppe contenant une jolie lettre écrite à la main avait littéralement changé le cours de sa vie.

« Bonjour,

Merci d’avoir ouvert cette enveloppe pour y lire ce que j’ai à dire.  J’ai un immense besoin de partager ce secret avec quelqu’un et c’est la seule façon que j’ai trouvée de le faire.  Oui, j’aurais certainement pu le confier à quelqu’un de mon entourage, mais je ne suis pas certain qu’ils auraient compris… alors je m’adresse à toi, directement…  depuis plusieurs semaines, je suis éperdument amoureux d’une jolie dame...

Juste le fait de l’écrire m’a fait le plus grand bien. 

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout!  Peut-être aurons-nous l’occasion de nous rencontrer un jour…»

Après s’être assoupie pendant quelques minutes sur ces douces pensées, c’est le sourire aux lèvres, qu’elle ouvre les yeux et décide de remettre le livre en place. Elle est tellement heureuse depuis que Raoul est entré dans sa vie.

« Rien ne sert de courir deux lièvres à la fois! »


Ce texte de Blandine a été écrit dans le cadre d’un défi lancé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique.

Pour cette semaine, on va partir de la situation suivante: votre personnage se promène, croise une boite à livres, en choisit un et en l’ouvrant lit la phrase suivante “Je n’attendais que vous, rendez-vous demain même heure, même endroit”. A vous d’imaginer la suite…

  1. Tranche de vie d’une sexagénaire
  2. Toujours à la pharmacie
  3. Sa forêt magique
  4. Au bord des larmes
  5. Le retour de la bonne humeur
  6. Noir et blanc
  7. À la bibliothèque
  8. La lettre
  9. Devine qui vient luncher?
  10. Une journée de pluie
  11. L’invitation
  12. Blandine se sent belle
  13. Bonheur constant
  14. Les pages du matin
  15. La première neige
  16. Insomnie
  17. Quatorze février
  18. Ménage du printemps
  19. Odeur du jardin
  20. Trouvaille au grenier

Doux moment

Cette semaine, Marie, du blogue L’Atmosphérique, propose d’écrire un poème ou un récit à partir de la célèbre strophe suivante de Victor Hugo:  “Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne” en partant sur un style complètement différent de celui du poème initial. Voici ce que ces mots m’ont inspiré.


Doux moment…

“Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne”
Doucement, je me dirig’rai vers la montagne
Caméra au cou, je passerai le village
Sans jamais me préoccuper du voisinage.

D’un pas sûr, j’emprunterai ce joli sentier
Bordé d’érables, de frênes et de peupliers.
Celui, tu sais, ou je t’avais embrassé
Mille fois plutôt qu’une sans jamais m’en lasser

J’aimerais tellement pouvoir immortaliser
Ce doux moment que je ne veux pas oublier.
À tout jamais, il restera gravé, ici,
Dans mon coeur, dans mon âme et dans mon esprit.

Tranche de vie d’une sexagénaire – Trouvaille au grenier

Pour la semaine prochaine, Marie nous invite à écrire un texte qui inclura toutes les phrases suivantes: “en dépoussiérant son grenier” – “la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie” – “la boite de nuit puait le whisky rance” – “il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre” et “la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie”.


Trouvaille au grenier

C’est en dépoussiérant son grenier que Raoul a mis la main sur cette vieille boîte de photos qui appartenait jadis à ses parents. En l’ouvrant, il s’est vite rendu compte que tout était pêle-mêle, photos noir et blanc, anciennes lettres, roses séchées… Ses parents n’avaient jamais pris le temps de classer les photos dans des albums. Ce n’était pas très à la mode de le faire dans ces années-là!

« Il faudrait que je descende la boîte dans la salle à manger, l’éclairage ici est tellement mauvais. » se dit Raoul en lui-même.

Il y a de cela plusieurs années, Raoul avait installé une espèce d’échelle en bois qui facilitait l’accès au grenier. Mais à son âge, il lui devenait de plus en plus difficile de l’utiliser.

En descendant, les bras occupés à tenir cette boîte de carton qui sentait l’humidité, il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre. Il aurait dû demander l’aide de son fils, mais têtu comme un âne, il préférait toujours faire les choses par lui-même, au risque de se blesser.

Nostalgie

Finalement, il dépose la boîte sur la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie. À leur retour de Barcelone, Angèle, son épouse décédée l’an dernier, avait fait appel à une designer. Elle avait tellement aimé ce voyage qu’ils avaient fait pour célébrer leur 50e anniversaire de mariage, qu’elle avait insisté à reproduire l’ambiance des bistros. Les chaises de la salle à manger avaient été recouvertes de tissus dans les teintes de turquoises et de mandarines. Sur le mur, on retrouvait plusieurs cadres avec des photos qui leur rappelaient ce merveilleux voyages.

Rien à voir, par contre, avec cet endroit vétuste où ils s’étaient rendus le lendemain de leur arrivée. La boite de nuit puait le whisky rance,.. tellement, qu’ils avaient dû improviser une raison pour déguerpir en toute vitesse.

Seul au milieu de la pièce, Raoul pouffe de rire!

C’est à ce moment-là que la cloche de la porte se fait entendre. C’est sûrement Blandine. Raoul court pour répondre et… la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie par le rire et les pas de course!

« Mais qu’est-ce qui t’arrive mon cher Raoul! C’est moi qui te fait cet effet? »


  1. Tranche de vie d’une sexagénaire
  2. Toujours à la pharmacie
  3. Sa forêt magique
  4. Au bord des larmes
  5. Le retour de la bonne humeur
  6. Noir et blanc
  7. À la bibliothèque
  8. La lettre
  9. Devine qui vient luncher?
  10. Une journée de pluie
  11. L’invitation
  12. Blandine se sent belle
  13. Bonheur constant
  14. Les pages du matin
  15. La première neige
  16. Insomnie
  17. Quatorze février
  18. Ménage du printemps
  19. Odeur du jardin

Tranche de vie d’une sexagénaire – Odeurs du jardin

Les odeurs du jardin de Blandine

Chaque saison a ses propres odeurs.  Même les yeux fermés, Blandine reconnait l’odeur des terres humides après une pluie d’automne et celle d’une pelouse fraîchement tondue en été.

Mais, ses senteurs préférées, elle les retrouve surtout au potager durant la saison estivale.  En été,  elle aime y flâner, tôt le matin, pour observer ce qu’elle a planté en mai.  En passant près des plants de tomates, elle s’arrête, pince les gourmands et même si le fruit n’est pas encore visible, il y a cette odeur particulière qui lui chatouille les narines et qui lui ouvre l’appétit.

Avant que le soleil ne les atteigne, elle prend le temps de bassiner tout doucement les fines herbes.  Mais avant de le faire, elle aime passer sa main sur la tête du basilic vert.  Une arôme délicieuse s’en dégage immédiatement pour le bonheur de son nez.  Ah!  Le basilic!  Cette senteur est sans contredit sa favorite.  Une herbe dont elle ne saurait se passer. 

La table de fines herbes se transforme aisément en une expérience olfactive extraordinaire avec le thym, le romarin, l’oregan et le persil frisé.

Une idée lui trotte dans la tête…

Elle coupe quelques tiges de basilic qu’elle met dans son panier d’osier et retourne cueillir trois grosses tomates bien rouges et quelques concombres anglais. Ce midi, elle coupera les légumes et ajoutera des cubes de féta et complètera avec un filet d’huile d’olive.

De la terre à l’assiette,  le nez et les papilles gustatives s’uniront à l’heure du dîner pour faire la fête.

« Tiens, tiens, si j’invitais Raoul et Louiselle à partager ce léger repas! J’ouvrirai une bouteille de Bourgogne Aligoté qu’on boira à l’amitié. »


Conclusion: il faut savoir créer ces instants de bonheur et profiter du moment présent.


B ouquet de basilic vert,
A rôme magique,
S on odeur extraordinaire,
I négalable, expérience arômatique
L ibérant sur son passage,
I mmanquablement,
C hatouillis odorants


Cette semaine, Marie nous lance une nouvelle invitation, soit de laisser place à notre inspiration/imagination en se donnant rendez-vous au pays des odeurs du jardin.





  1. Tranche de vie d’une sexagénaire
  2. Toujours à la pharmacie
  3. Sa forêt magique
  4. Au bord des larmes
  5. Le retour de la bonne humeur
  6. Noir et blanc
  7. À la bibliothèque
  8. La lettre
  9. Devine qui vient luncher?
  10. Une journée de pluie
  11. L’invitation
  12. Blandine se sent belle
  13. Bonheur constant
  14. Les pages du matin
  15. La première neige
  16. Insomnie
  17. Quatorze février
  18. Ménage du printemps



Tranche de vie d’une sexagénaire – Le grand ménage du printemps

Le grand ménage du printemps

Déjà le cinq avril.  Le vingt mars dernier, Blandine avait dessiné un beau soleil sur la case du 20 de son calendrier, marquant le début du printemps

Ce matin, un ciel sans nuage lui envoie le message qu’il serait grand temps d’attaquer le « grand ménage » du printemps.  Dernièrement elle partageait à Louiselle, sa voisine: 

« Depuis que j’ai atteint l’âge respectable de la soixantaine,  il y a certains travaux que je préfère délèguer comme le lavage des murs et des plafonds.  Plus question pour moi de grimper l’escabeau au risque de tomber et de me fracasser une hanche.« 

Et Louiselle de lui répondre:

« Tu fais bien, Blandine, de piler sur ton orgueil et conserver ta grande forme.  Je devrais songer à faire la même chose que toi. Tu peux me donner les coordonnées de la personne qui t’aide pour ces travaux? » 

Marie Kondo

Au début de la retraite, Blandine s’était procuré un livre à la bibliothèque sur la méthode de Marie Kondo.  Elle a tout de suite appliqué quelques règles dans sa maison.  Fini l’encombrement d’objets inutiles, vive le rangement! Chaque chose à sa place!

Deux fois par année, au printemps et à l’automne, elle fait à nouveau le tour de la maison, pièce par pièce, et s’assure d’éliminer tout ce qui ne lui sert plus.  Elle vend ou elle donne et elle jette tout ce qui ne peut être vendu ou donné.

Ce matin, elle a pensé commencer par sa chambre en changeant les draps.  Elle aime les laver avec l’eau de linge qui dégage une bonne odeur de lavande, propice à son sommeil.

Ensuite, elle attaquera l’armoire dans lequel elle range ses vêtements et elle terminera avec le coffre à bijoux

Ouf! Une grosse journée en perspective!


Cette fois-ci, pour l’atelier d’écriture de Ghislaine #182, elle nous proposait de composer un court texte avec les mots imposés suivants:

Mots imposés: Armoire , livre, linge, changer, soleil, plafond, nuage, bijou

Contrainte additionnelle: intégrer un minimum de 5 mots débutant par la lettre « P ».


  1. Tranche de vie d’une sexagénaire
  2. Toujours à la pharmacie
  3. Sa forêt magique
  4. Au bord des larmes
  5. Le retour de la bonne humeur
  6. Noir et blanc
  7. À la bibliothèque
  8. La lettre
  9. Devine qui vient luncher?
  10. Une journée de pluie
  11. L’invitation
  12. Blandine se sent belle
  13. Bonheur constant
  14. Les pages du matin
  15. La première neige
  16. Insomnie
  17. Quatorze février