Tranche de vie d’une sexagénaire

Jeu de mots

Ce texte m’a été inspiré par le groupe d’Olivia Bellington, L’atelier – Des mots, une histoire.

Écrivez un texte comprenant les mots suivants : croire boîte pharmacie soleil parvenir échantillon alterner mienne trace chapeau pingouin

Tranche de vie d’une sexagénaire

La température est douce. Le soleil est au rendez-vous. Blandine décide de marcher jusqu’à la pharmacie pour renouveler sa médication.

En plus d’appliquer une crème solaire, Blandine porte toujours un chapeau pour se protéger des rayons UV. Tout au long du chemin, elle salue de la main ses voisins.

Avant d’entrer dans le commerce, elle revêt son masque et se dirige vers la pompe afin d’appliquer un peu de gel sur ses mains. Ce sont maintenant des gestes qui lui sont tellement familiers. Elle y parvient sans même y penser, c’est devenu un rituel.

Un peu plus loin, une dame vêtue de noir et blanc tel un pingouin lui remet une petite boîte contenant un échantillon d’une crème qu’elle qualifie de miraculeuse.

« Sachez Madame que cette crème a été testée et redonnera à votre peau une apparence de dix ans de moins, c’est garanti!« 

Blandine la remercie en lui faisant son plus beau sourire que la dame, bien évidemment, ne peut voir. Par contre, Blandine est certaine que ses yeux trahissent son scepticisme. Difficile à croire que cette crème fera disparaître toutes traces de rides cumulées depuis plusieurs décennies. Mais bon, elle ne perd rien de l’essayer.

« Dites-moi, ma belle dame », lui demande Blandine, « j’utilise déjà une crème de jour qui me fait paraître cinq ans de moins, puis-je continuer d’utiliser la mienne et alterner avec celle-ci et espérer rajeunir de quinze ans? »


Pour lire d’autres textes, consulte la catégorie : Atelier d’écriture

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Challenge d’écriture 2021 #8

Un Challenge d’écriture proposé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique. Tout simplement, pour le plaisir d’écrire.  

Pour cette semaine, dernière sur le thème de la poésie, Marie nous propose d’explorer quelques rimes. Rimes continues, comme son nom l’indique, les vers ont tous le même son à la finale (AAAA) , Rimes plates ou suivies (AABB), Rimes croisées (ABAB) ou Rimes embrassées (ABBA). Je vous laisse le choix, vous pouvez aussi écrire un poème en les mélangeant ou écrire plusieurs poèmes. 

Le thème : Changement (cycles – saisons – marées – mouvement…)


Le tour du monde

La lune se couche sur l’océan
Sous le regard des étoiles.
Elle tire sur elle les voiles
Se coupant ainsi des grands vents.

C’est le soleil qui la réveille
La couvrant de ses chauds rayons
Si réconfortants, c’est si bon.
L’amour de sa vie qui la veille.

Nuit et jour, il refont le tour
De cette terre, dans l’espoir,
L’unique espoir de se revoir.
Un seul instant, se faire la cour.


Être

Les tout premiers bourgeons,
Avec le doux printemps,
Font leur apparition.
Signe d’un nouveau temps

Tout comme le printemps
Qui fleurit à nouveau,
J’ai besoin de changement,
Je me fais ce cadeau

Je pousse les rideaux,
J’ouvre la fenêtre.
Piaillent les oiseaux.
J’ai juste envie d’être.

Les défis d’écriture de Ghislaine – Atelier #148

Inspirée par Ghislaine , voici les consignes qu’elle nous a données pour l’atelier d’écriture 148.

Écrire un texte en y insérant les 8 mots suivants :

Bougie, fondre, lumière, vitre, flou, sombre, chercher, dire.


L’hiver à une certaine époque

Marcher dans les campagnes à la brunante,
Apercevoir les bougies par les fenêtres.

Les vitres givrées par les rafales de la veille
Créent une lumière un peu floue
Démasquant les silhouettes
Des mères occupées par leur besogne.

L’hiver est si long,
Les journées sont si courtes.
Tout devient sombre rapidement.

Aux dires des hommes du village
Qui se réunissent au magasin général
Soit pour fumer la pipe devant le poêle à bois,
Soit pour chercher un peu de réconfort
Ou tout simplement pour jaser de tout et de rien.

Un jour, elle va fondre
Cette neige blanche.

Tous hochent la tête
Pour montrer leur accord.

Challenge d’écriture 2021 #7

Un Challenge d’écriture proposé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique. Tout simplement, pour le plaisir d’écrire.  Cette semaine, Marie nous invite à créer des acrostiches à partir des mots suivants: ASPHALTE – HURLUBERLU – IMMARCESCIBLE et COLIMACON!

Pour l’instant, j’ai choisi : « Asphalte » et « Colimaçon ». J’ai choisi de m’amuser, tout simplement, avec les mots.


Asphaltus, asphaltos

A sphaltus, asphaltos, j’en perds mon latin.
S urface visqueuse ou solide sur le chemin,
P luie abondante, parfois reluisante,
H alte routière toujours si accueillante.
A sphaltus, asphaltos, j’en perds mon latin.
L es rues, les chaussées, les trottoirs bitumés,
T ortueux, onduleux, tel un serpentin,
E mergeant de nulle part, souvent embrumés.


En forme de colimaçon

C omme les escaliers de mon enfance,
O uverture sur un monde imaginaire.
L iberté extraordinaire,
I magination, extravagance.
M étal noir, fer forgé, reluisance,
A ncien, chic et rétro, élégance,
C omme un escalier en colimacon.
O h cette époque, porteuse d’émotions!
N aissance, enfance, adolescence…

Couleurs et saveurs

Un Challenge d’écriture proposé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique. Tout simplement, pour le plaisir d’écrire. 

Me voici à nouveau pour le 6e thème proposé en 2021. Cette semaine, Marie nous invite à poursuivre notre découverte de la poésie, en y associant quelques données mathématiques! Si, si, les deux peuvent aller de paire!

Elle nous invite donc à écrire un poème de Fibonacci, ou un Fib, qui est un poème comptant 6 vers et 20 syllabes, décomposées comme suit: 1-1-2-3-5-8.

Le thème qu’elle nous propose : couleurs et saveurs.


Je
Suis
Rouge
De désir?
Non, comme ta bouche
Fraise des champs, crème Chantilly

***************

Je
Suis
Jaune
Jaune citron
Comm’ soleil doré
Limonad’ sucrée, citronnée

***************

Je
Suis
Le bleu
Ciel d’été
Au goût de bleuet
Lorsque je suis à tes côtés

***************

Je
Suis
Jolie
Colorée
Arc-en-ciel magique
Pleine d’espoir, de liberté


La montre à gousset

Ce texte m’a été inspiré par le groupe d’Olivia Bellington, L’atelier – Des mots, une histoire. Écrivez un texte qui met en scène trois personnages, et dont la situation initiale est, au choix :

* l’achat d’une baguette de sourcier
* la perte d’une montre à gousset
* la découverte d’une cape vermeille

J’ai choisi : La perte d’une montre à gousset.
Mes trois personnages : Arthur, le personnage principal, Blandine, sa femme décédée et sa fille Dorothée qu’on n’aura finalement pas l’occasion de rencontrer.


La montre à gousset

Comme à tous les matins, il était sorti prendre sa marche. Il aimait se rendre au parc et faire le tour du lac. Il avait tout son temps depuis que Blandine, sa femme, était allée rejoindre les autres au paradis.

Il lui arrivait, parfois, d’apporter les restes de pain de la veille pour nourrir les canards. Il aimait bien leur piquer une jasette en les nourrissant, et eux, reconnaissants, lui répondaient de leurs « coin-coin » rieurs. Ça le faisait sourire.

C’est en fouillant dans la poche de son gilet pour vérifier l’heure qu’il s’était rendu compte que sa montre à gousset n’y était plus.  Lui, toujours si calme, avait senti son cœur s’emballer.  Sa Blandine lui avait offert cette montre pour leur cinquantième anniversaire de mariage.  Le dernier cadeau qu’il avait reçu d’elle. Il en prenait soin comme de la prunelle de ses yeux.

Comment avait-il pu la perdre?  En revenant à la maison, il avait téléphoné immédiatement à sa fille Dorothée qui lui avait promis de passer au courant de l’avant-midi afin de l’aider à la retrouver. S’il le fallait, ils retourneraient au parc, referaient le même chemin ensemble… la montre ne devait pas être très loin.

Arthur était bien malheureux, assis sur sa chaise berçante. Il gardait un œil attentif à l’horloge coucou du salon. La trotteuse semblait avancer à la vitesse d’une tortue, pourtant, elle faisait les soixante pas à la minute, comme elle le faisait depuis des lunes.

C’est en entendant la cloche annonçant l’arrivée de sa fille qu’il aperçut, suspendu sur le crochet près de la porte d’entrée, le blouson qu’il avait porté la veille.  De la poche, pendait la chaînette de sa montre à gousset. Quel soulagement!

Commençait-il à perdre la notion du temps?

Haikus du printemps

Un Challenge d’écriture proposé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique. Tout simplement, pour le plaisir d’écrire. Me voici à nouveau pour le 5e thème proposé en 2021.

Ce mois-ci, elle nous invite à faire un tour du coté des Haikus. Tu connais sûrement, au moins de nom. Le Haiku est une forme de poésie japonaise qui célèbre la nature et l’éphémère, l’évanescence des choses, traduit des émotions. Il évoque souvent une saison. Les occidentaux ont repris l’idée et aujourd’hui on compose des haikus plus libres que les originaux, en respectant toutefois la règle des syllabes (5-7-5).

Je t’invite à lire les miens.


Soleil mur à mur
Équinoxe du printemps
Jardin du bonheur

***************

Fleurs de cerisier
L’oiseau chante fleurette
A tous les passants

***************

Joli mois de mai
Doux lilas, tu sens si bon
Rideau flotte au vent

***************

Cactus de Noel
Qui refleurit au printemps
Du bonheur en pot

***************

Regarde là-haut
Le retour des outardes
Signe du printemps

***************

Regarde au sol
Les tulipes se pointent
Bonheur  coloré

***************

Le cadeau

Un Challenge d’écriture proposé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique. Tout simplement, pour le plaisir d’écrire. Me voici à nouveau pour le 4e thème proposé en 2021.

Pour la semaine #4, dernière semaine sur le thème de la photographie, je vous invite à écrire un dialogue entre les deux personnes de cette photo en utilisant les mots suivants:

croix, présence, imagination, loufoque, allées et fleurs.


Samedi 8 mai

Comme à tous les samedis matin, je parcours les allées du Jardin Botanique, caméra au cou. J’adore photographier les plantes et les fleurs. Mais ce que je préfère, c’est l’être humain. C’est pour cette raison que je l’intègre régulièrement sur mes photos et qu’il m’arrive d’immortaliser certaines scènes qui se présentent à moi, comme sur un plateau d’argent. Comme cette photo, prise sur le vif ce matin.

Depuis quelques semaines, j’ai remarqué la présence de deux jeunes filles assises sur un banc. Elles semblent se rencontrer là, toujours au même endroit. Les deux portent un sac à dos. D’ailleurs, je me demande bien ce que ces sacs contiennent. Mon imagination se met à tourbillonner comme une feuille le ferait un jour venteux d’automne. Des idées presque loufoques traversent mon esprit.

Curieuse comme je suis, je décide de m’approcher d’elles afin de voir ce qu’elles font. Et c’est là que j’entends, bien malgré moi, leur conversation.

« Bravo Isabelle, tu fais vraiment du progrès! » lui dit Caroline.

« Tu trouves! J’espère pouvoir y arriver avant la fête des mères. »

« Bien sûr que tu vas y arriver, je ne suis même pas inquiète. Ta grand-mère va tellement être contente. »

« Oui, je sais. J’ai tellement cherché, je ne savais pas trop quoi lui offrir. Tu sais, les grand-mères ont déjà tout ce dont elles ont besoin. Ca devient difficile de trouver un cadeau qui lui plaira. Surtout, pour elle, avec sa maladie. Tu sais, Caroline, j’ai toujours peur qu’elle finisse par m’oublier complètement. »

« En plus, Isabelle, ce cadeau que tu lui confectionnes éveillera très certainement de très beaux souvenirs chez elle. Que dirais-tu, avant de lui offrir, d’asperger quelques gouttes de ton parfum. Dernièrement, j’ai entendu, dans un reportage à la télé, que les odeurs ont un impact émotionnel très fort chez les gens. »

« Oh Caroline, j’adore ton idée! »

Plus que motivée, Isabelle achèvent de piquer les derniers points de croix sur le mouchoir qu’elle offrira à sa grand-mère lors de sa prochaine visite.

Rose et le mur de briques

Un Challenge d’écriture proposé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique. Tout simplement, pour le plaisir d’écrire. Me voici à nouveau pour le 3e thème proposé en 2021.

Photo fournie par Marie Kleber, L’Atmosphérique

Cette semaine, elle nous invite, à partir de cette photo, à écrire un texte sur l’arrière plan, le moins visible, le flou, le mur… Notre texte doit être écrit à la troisième personne.


Après la mort de son mari, Rose avait pris la décision de garder la  maison.  Une petite maison située dans un quartier de Montréal avec une cour à l’arrière, chose plutôt rare dans les grandes villes.

Elle a pris soin d’aménager le moindre recoin de cette cour.  De chaque côté du trottoir de bois qui mène au hangar*, elle fait pousser des légumes qu’elle met en conserve à l’automne.  Elle aime faire des provisions pour sa famille. Cela fait partie de ses moments de bonheur!

Sur la gauche, il y a une jolie clôture blanche qui la sépare du voisin et de l’autre côté, il y a ce mur ignoble… cet immense mur de briques beiges qui monte sur deux étages et sur lequel on ne retrouve aucune fenêtre!  Un mur monotone.

Mais qu’est-ce qu’elle pourrait bien faire pour enjoliver cet espace? 

Elle avait eu l’idée, un été, d’y faire pousser des fleurs sauvages qu’elle pouvait ensuite couper pour en faire d’immenses bouquets.  Mais ce n’était pas suffisant.  Lorsqu’elle sortait dans sa cour, tout ce qu’elle voyait était cet horrible mur.

Ce jour-là, en revenant du marché, elle décide d’emprunter la ruelle sans trop savoir pourquoi. Le destin, sans doute!

« Tiens, Monsieur Beauchamp fait de la rénovation!« , se dit-elle en elle-même. 

Curieuse de nature, elle décide de s’arrêter quelques minutes pour lui faire la jasette**.  Tout en lui parlant, elle jette un oeil furtivement vers le hangar et aperçoit, par la porte entrouverte, quelques treillis de bois inutilisés.  Elle rêve immédiatement d’une pluie de roses au parfum sucré et ennivrant qui lui ferait oublier ce mur infâme.

Osera-t-elle demander à Monsieur Beauchamp si ces treillis lui sont encore utiles?


*Hangar : À Montréal, derrière la plupart des maisons, on retrouve un bâtiment que l’on appelle hangar. Les gens s’en serve pour ranger différents objets.

**Faire la jasette : Au Québec, signifie faire le conversation.

1971

Un Challenge d’écriture proposé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique. Tout simplement, pour le plaisir d’écrire. Me voici à nouveau pour le 2e thème proposé en 2021.

Cette semaine, elle nous propose d’écrire à partir d’une photo mais en partant d’un point de vue spécifique, celui du photographePourquoi avez-vous pris cette photo? Dans quel état d’esprit étiez-vous? Qu’est-ce que vous avez voulu montrer?  Ce ne sont que des pistes… qui m’ont pourtant ramenée en 1971.


1971

Je fais de la photographie depuis quelques années. J’adore parcourir les différents quartiers de la ville, caméra au cou. Photographier des scènes de rue. Il y a une raison bien particulière pour laquelle j’ai voulu immortaliser ce moment…. en noir et blanc.

Photo fournie par Marie Kleber, L’Atmosphérique.

Pourtant, il n’y a pas de neige sur cette photo!!!

De voir ces jeunes garçons jouer dans la rue m’ont tout de même immédiatement ramenée au 4 mars 1971. L’année de la « tempête du siècle ». Tout près de 50 cm en quelques heures à peine, des vents de 110 kilomètres heure. De quoi décoiffer un chauve!

Des rues fermées pendant plusieurs jours! Les gens faisaient même appel à des motoneigistes pour les transporter d’un endroit à l’autre. Une course à l’épicerie, un rendez-vous chez le médecin… La paralysie presque totale pour tout le Québec. Quel québécois ne se souvient pas de cette tempête?

Et moi… je me souviens qu’un mois plus tard

… jour pour jour, alors que cette neige était déjà fondue, j’ai fait la rencontre d’un bel adolescent aux cheveux bruns et aux yeux bleus. Je l’observais déjà depuis quelques mois jouant au hockey dans la rue avec ses amis, juste en face de chez moi.

Et voilà, qu’au début du mois d’avril, il se pointe à ma porte avec une idée en tête… il voulait m’amener au cinéma.

Qui aurait pu imaginer, à ce moment-là, que nous serions encore ensemble après cinq décennies?