Histoire de pinces à linge

Pour cette semaine, Marie nous invite à écrire un texte sous deux angles différents – un exercice qu’elle aime beaucoup – à partir de la photo suivante: une partie sous l’angle de la nature et l’autre sous l’angle des pinces à linge! 


Histoire de pinces à linge

Fabriquée de bois
Ou de plastique coloré
De loin, on les aperçoit
Sur l’étendoir, pincées.

Au gré du vent
Entre deux peupliers
Elles se balancent
Comme des funambules errant
Sur la corde étirée
Suivant la cadence

Deux oiseaux sur la corde se posent
Les faisant culbuter
La tête vers les roses
En trapézistes improvisées.

Du mardi au dimanche
Ainsi que les jours de pluie
Un pincement au coeur étanche
Très vite elles passent aux oublis

Leurs tâches elles les reprendront
Chaque lundi ensoleillé
Retiendront les édredons
Mis au vent à sécher.

Le jour de mes cinquante ans

Olivia, de l’Atelier – Des mots, une histoire nous propose régulièrement des défis d’écriture. Pour l’atelier #90, j’ai choisi d’intégrer deux des consignes.

Écrivez une histoire en prenant la première phrase du chapitre 3 du livre que vous lisez. (Je suis en train de lire le dernier livre de Christine Michaud, La joie et la légèreté. La première phrase du chapitre 3 se lit comme suit: « Le 27 décembre 2020, c’était le jour de mes cinquante ans. »

Écrivez un texte en y intégrant ces mots imposés : soupir rêve doré cinéma briserlune proche solitude


Le jour de mon anniversaire

« Le 27 décembre 2020, c’était le jour de mes cinquante ans. »

Cette année-là n’a pas été différente des précédentes. Pandémie oblige, les membres de la famille proche ne s’étaient pas réunis pour le réveillon, comme ils avaient l’habitude de le faire.

Afin que les enfants ne soient pas trop déçus, mon frère Charles, encore célibataire, avait enfilé un costume de Père Noël. On lui avait demandé de faire la tournée le matin du 25. Son rôle était de distribuer les cadeaux sur le balcon.

Les enfants, qui avaient été prévenus, s’étaient insallés derrière la fenêtre, impatients. Les yeux en fome de demi-lune, c’est Alexandre qui, de loin, l’avait aperçu le premier. Les enfants s’exclamaient par des « Oh! » et des « Ah! » en voyant s’approcher de la maison cet homme mystérieux à la barbe blanche, tout de rouge vêtu.

Jusqu’au 3 janvier, les parents s’étaient mis sur pause. Ils ne pensaient qu’à récupérer, écrasés sur le sofa devant leur nouveau cinéma maison.

Les enfants s’amusaient avec les derniers jouets reçus, mais pour combien de temps encore. Tout nouveau, tout beau! Parce que oui, les enfants d’aujourd’hui se lassent rapidement de tout. Tout ça se retrouvera bientôt dans le coffre à montures dorées, pêle-mêle, sous les anciens jouets. On les entendra encore répéter qu’ils n’ont rien à faire.

Qu’est-il arrivé le 27 décembre?

« Rien, absolument rien. Un demi-siècle, ce n’est pourtant pas banal. Qui ne rêve pas d’être célébré ce jour-là? Et pourtant, mon anniversaire a été, encore une fois, mis aux oubliettes.« 

Soupir. Gabrielle aime bien sa solitude mais, aujourd’hui, elle a le coeur brisé en mille miettes.

Atelier de Ghislaine #180

Cette semaine, pour l’atelier #180, Ghislaine nous propose 8 mots à insérer dans notre texte.

Mots imposés: Rêve, doute, demain, passé, charme, village, calme, coton

J’ai choisi d’ajouter 8 autres mots proposés par Olivia du groupe « L’atelier – Des mots, une histoire« .

Mots imposés: Lanterne cigogne valise bocal saluer opulence vignobleéviscérer


L’attente

Sur le bord de la fenêtre, la bougie, déposée dans un bocal qui lui sert de lanterne, scintille de tous ses feux.  Cette mise en scène donne à sa chambre une allure au charme théâtral. Marie-Noëlle a parfois l’impression de vivre dans un passé lointain.  Elle rêve depuis très longtemps de devenir actrice. 

Elle a beaucoup d’imagination. Elle se voit vêtue d’une longue robe de coton blanche se baladant dans un vignoble, telle une jolie  princesse.  Elle le sait, elle fait l’envie de toutes les filles du village

Elle salue de la main les paysans venus aider pour le temps des vendanges.  Les grappes de raisins qui seront éviscérées de la vigne, une à une, pourront être transformées en vins délicieux.

Mais, ce soir, Marie-Noëlle se regarde dans le miroir dans toute son opulence.  De face, puis de côté.  Aucun doute.  Elle aime ce qu’elle voit. 

Près de la porte, la petite valise est prête.  Elle est d’un calme inouï.

Demain, la cigogne devrait se pointer le nez.


Challenge d’écriture 2022 #6

Pour son challenge d’écriture 2022 #6 qu’elle nous lance, Marie Kléber nous demande d’écrire un texte à partir d’une photo que tu peux voir sur son blogue. Ne me demandez pas pourquoi, mais les mots « French Kiss » m’ont fait penser au masque qui, depuis deux ans, nous empêche de voir la bouche des gens que l’on rencontre.

Comme contrainte additionnelle, elle nous demande d’inclure la citation suivante dans notre texte.

Le début de l’absence est comme la fin de la vie.” ( Félix Lope De Vega ).


Lever le masque

Ça y est!
On lève le masque!

2020.  Le début de l’absence
De ton joli sourire
Que j’ai dû deviner
Aux coins de tes yeux bleus.
Le voir, enfin, j’pourrai.

2022. Triplement vaccinés
Pourrons-nous finalement
Dans nos bras se serrer.
Privé depuis longtemps
Je l’espère, je l’attends,
Cet immense câlin.

J’ai eu peur de mourir
Sans revoir ton sourire
Ne plus jamais ressentir
Tes p’tits bras enlacés
Autour de moi

L’absence de sourires.
L’absence de câlins,
En être trop privé
Est comme la fin
De la vie.


Atelier d’écriture de Ghislaine #179

Pour l’atelier d’écriture #179, Ghislaine nous propose d’écrire un texte en utilisant les 8 mots suivants. Une contrainte additionnelle: insérer des mots débutant par la lettre M.

Eviter, aube, jaune, humble, silence, embellie, jouvence, ouverture.


Moment de réflexion

« Je suis vieille, donc je suis vivante, alors je profite de la vie.« 

– Janette Bertrand

Cesser d’éviter
Cette vieillesse.
C’est la seule façon
Que j’ai trouvée
De ne pas mourir.

M’éveiller tout doucement,
Dès l’aube,
Profiter pleinement
De l’ouverture
D’une journée embellie
Par mon humble regard
Posé sur elle.

Pour un instant,
Garder le silence.
Moment de méditation.

Fermer les yeux.
Apercevoir,
Entre les cils,
La lueur jaune
D’un soleil levant.

Fontaine de Jouvence,
Où es-tu?
Que je m’y plonge,
Que je m’abreuve
De ton eau magique,
Afin de retrouver
Ma jeunesse d’antan.

Challenge d’écriture 2022 #5

Voici ma participation au Challenge d’écriture 2022, Atelier #5 proposé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique. Tout simplement, pour le plaisir d’écrire.

CONSIGNES

Une liste de mots qui devront être utilisés dans votre texte dans l’ordre suivant: euphorie, menthe, cassette, plan, hydratation, secours, reprographie, filtration, fontaine, nuage.


Moment d’euphorie

Aujourd’hui, Christine a dix-huit ans. Elle porte une petite robe vert menthe ceinturée à la taille.  Sa tante Berthe, celle qu’elle considère comme sa deuxième mère, l’a conviée à prendre le thé avec elle sur la terrasse.

Christine ne se doute de rien.  Tante Berthe a prévu lui remettre une cassette qu’elle a conservée depuis le décès de sa mère.  Christine n’était âgée que neuf ans lorsque sa maman est décédée.  

Que peut bien contenir ce coffret à trésors?

Avant de verser le thé, tante Berthe l’invite à ouvrir la petite boîte.  Christine hésite.  Elle se souvient de ce coffret qui trônait sur la commode de sa mère. Son regard se fixe sur le jardin en arrière-plan.  Elle remarque les plants de tomates qui sont en manque d’eau.  Sa tante devrait savoir que l’hydratation est la base d’un potager en santé.  Mais bon!  Elle vieillit, elle a du oublier.

Berthe décide de venir au secours de Christine qui semble hésiter à ouvrir le coffret.

« Prends ton temps, ma belle« , lui dit-elle. 

Après encore quelques minutes d’hésitation, Christine inspire profondément et se décide enfin à l’ouvrir pour y découvrir quelques reprographies,  des certificats de toutes sortes.  Rien de bien important.  Des photos en noir et blanc de sa mère, des bijoux de peu de valeur mais qui, pourtant, en ont tant à ses yeux et… une petite enveloppe rose, parfumée… cette odeur lui rappelle celle de sa mère. La même odeur qu’elle retrouvait lorsqu’elle se blotissait le nez dans le cou de sa mère qui la consolait.

Sans s’y attendre, quelques larmes coulent sur ses joues tout comme la filtration de l’eau provenant de la fontaine qu’elle observe à travers ses pupilles embuées.

Que contient cette enveloppe?

Elle tient l’enveloppe de ses deux mains, elle hésite à l’ouvrir. Elle ferme les yeux, elle revoit le visage souriant de sa maman.  Quelques jours avant de mourir, sa mère avait confié cette lettre à sa soeur Berthe en lui faisant promettre de la remettre à sa fille Christine le jour de ses dix-huit ans.

Ma belle Christine,
Tu as maintenant atteint l’âge de dix-huit ans! Que j’aimerais être à tes côtés, en ce moment, afin de célébrer ce passage important de ta vie…

Christine est tellement heureuse, elle a l’impression de flotter sur un nuage!


Pour recevoir ma lettre, en toute amitié, à toutes les deux semaines, remplis le formulaire ci-dessous. N’oublie pas de confirmer ton inscription en retournant dans ta boîte de courriel.

 

Challenge d’écriture 2022 #4

Voici ma participation au Challenge d’écriture 2022, Atelier #4 proposé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique. Tout simplement, pour le plaisir d’écrire.

Consignes

Cette fois-ci, elle nous propose d’écrire un texte à partir de cette photo.

Photo proposée par Marie Kleber, L’Atmosphérique.

ANGOISSE

Le petit Alphonse n’a pas bien dormi.
Chaque septembre, il en est ainsi.

La tête sur l’oreiller,
les yeux fixant le plafond,
toute la nuit, il a imploré Morphée,
se posant mille et une questions.

« Et si mon réveil oubliait de sonner?
Et si le chauffeur d’autobus, comme prévu,
omettait de s’arrêter,
au coin de la rue?

Et si… et si… et si… ??? »

Autant de questions
qui demeurent sans réponses
qui n’ont pas leurs raisons,
sauf pour le petit Alphonse.

Dès huit heures du matin,
il est là, à l’arrêt,
raide comme un pantin,
pour rien, il s’en faisait.

Le réveil a bien sonné,
il a eu le temps de s’empifrer
de croissants et de confiture,
de brosser ses dents,
d’enfiler ses vêtements,
ses espadrilles… sans courbatures.

Petit Alphonse est tellement fier
de ses espadrilles nouvelles.
C’est la première fois que sa mère
le laisse choisir couleur et modèle.

Il en rêvait depuis si longtemps,
de cette paire avec velcro
qui lui ferait sauver du temps.

Faire les boucles n’a jamais été
sa tasse de thé.
Les lacets qui se dénouaient
avant l’heure même du déjeuner,
ça finissait
par l’angoisser.

Il aperçoit au loin
une immense masse jaune.
C’est sûrement le bus
qui doit devant lui s’arrêter.

Pris d’une soudaine panique,
Alphonse lui fait de grands signes.
Et s’il oubliait de s’arrêter?


Pour recevoir ma lettre, en toute amitié, à toutes les deux semaines, remplis le formulaire ci-dessous. N’oublie pas de confirmer ton inscription en retournant dans ta boîte de courriel.

 

Challenge d’écriture 2022 – Atelier #3

Voici ma participation au Challenge d’écriture 2022, Atelier #3 proposé par Marie Kléber du blogue L’Atmosphérique. Tout simplement, pour le plaisir d’écrire.


Les mots proposés pour la composition de notre texte:

Vacances, soupape, discours, horloge, soupir, zone, accumuler, procession, candeur, rente.

Liste à laquelle il faudra ajouter 5 mots ayant pour terminaison – aire.


Tic, tic, tic… tac

Dernière journée de travail avant les vacances tant espérées.  Assise devant la machine à coudre, elle a l’impression que les aiguilles de l’horloge qui a été installée sur le mur en face d’elle avancent à pas de tortue.  Tic, tic, tic… 

Elle relâche un soupir d’impatience.  Elle tente de ne pas se laisser distraire par ses collègues qui semblent prendre plaisir à accumuler les mêmes frustrations depuis des lunes. Elle n’en peut plus d’entendre les mêmes discours, alors qu’elle, dans toute sa candeur, s’imagine déjà les deux pieds enfouis dans le sable.

Elles n’ont pas encore réalisé, qu’au contraire, la bonne humeur est une soupape qui fait en sorte que les journées semblent passer beaucoup plus rapidement!

Tac! Dix-sept heures. Enfin! L’aiguille marque l’heure tant attendue. Elle et ses collègues se dirigent vers le vestiaire afin de récupérer leurs affaires. Elles filent ensuite, telle une procession, vers la zone de sortie.

En attendant de pouvoir vivre de ses rentes, Rachel profitera enfin de ces quelques jours de vacances à la mer avec l’argent pris à même son maigre salaire.


Atelier d’écriture de Ghislaine #178

Cette fois-ci, pour l’atelier d’écriture de Ghislaine #178, elle nous propose de composer un court texte avec les 8 mots imposés suivants:

Étincelle, mélancolie, rose, vague, songer, bouche, contre, prolixe.

Contrainte additionnelle: utiliser des mots débutant par la lettre L. Mis à part les « les, le, la », j’ai réussi à intégrer 6 mots débutant par cette lettre.


Mélancolie

La bouche appuyée contre la fenêtre légèrement givrée, les coudes appuyés sur le lambris, il fait la moue. Il regarde la neige qui ne cesse de tomber. Lentement. Un flocon à la fois.

Aucun sourire sur son doux visage, aucune étincelle dans ses yeux habituellement rieurs, qu’une vague de mélancolie ayant laissé sa trace sur ses joues roses, une larme à la fois.

Lui, si prolixe à ses heures, demeure silencieux perdu dans ses longues rêveries. Il ne fait que songer au printemps qui tarde à se pointer le nez.


Image d’en-tête: Libre, par Pixabay

Atelier d’écriture de Ghislaine #177

Cette fois-ci, pour l’atelier d’écriture de Ghislaine #177, elle nous propose de composer un court texte avec les mots imposés suivants:

Mots imposés: Câlins – étreindre – vent – voir – hanter – douceur – fleur – somnole

Contrainte additionnelle: intégrer des mots débutants par la lettre « J ».


Tranche de vie d’une sexagénaire – Quatorze février

Blandine somnole sur sa chaise de joncs tressés qu’elle a achetée l’été dernier dans une vente de garage. Elle avait eu vent que, sur la rue Jarry tout près de chez elle, les jeunes Bouffard organisaient une vente de succession suite au décès de leur grand-père. Elle avait obtenue cette chaise pour une poignée de dollars.

Quatorze février

Aujourd’hui, les amoureux célèbrent la Saint-Valentin et voilà que des idées noires viennent soudainement la hanter. « Et s’il oubliait, s’il ne venait pas me voir… si notre amour naissant n’était pas du sérieux pour lui... ». Tant de jérémiades pour rien…

Il en a toujours été ainsi… elle a le don de toujours s’imaginer des scénarios dans sa tête! Elle ne devrait pourtant pas s’inquièter, Raoul est d’une telle gentillesse.

Ce sont les jappements de son chien qui la réveillent! Elle ne rêve pas. On frappe à la porte. Sans perdre une minute, elle court répondre.

Raoul est là, debout devant elle, caché derrière un immense bouquet de fleurs variées. Elles reconnaît les jacinthes et les jonquilles parmi les tulipes jaunes, ses préférées. Non, il n’a pas oublié.

Il dépose les fleurs sur le banc dans l’entrée et il s’approche d’elle afin de l’étreindre d’un immense câlin rempli de douceur!

Quelle joie!!!


  1. Tranche de vie d’une sexagénaire
  2. Toujours à la pharmacie
  3. Sa forêt magique
  4. Au bord des larmes
  5. Le retour de la bonne humeur
  6. Noir et blanc
  7. À la bibliothèque
  8. La lettre
  9. Devine qui vient luncher?
  10. Une journée de pluie
  11. L’invitation
  12. Blandine se sent belle
  13. Bonheur constant
  14. Les pages du matin
  15. La première neige
  16. Insomnie