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52 souvenirs d’enfance – L’heure du chapelet

L’heure du chapelet

Chez ma grand-mère maternelle, comme dans plusieurs familles québécoises, réciter le chapelet était une activité courante.  

Chacun avait son chapelet.  J’avais le mien. Probablement un cadeau reçu lors de ma Première Communion.

Une fois par semaine, « Le chapelet en famille » était diffusé à la radio de CKAC à 19 heures. Dans l’temps, on disait 7 heures du soir.  Cette émission animée par Monseigneur Paul-Émile Léger, rendez-vous hebdomadaire suivi par la population du Québec, était aussi populaire qu’un « Un homme et son péché », un radio-roman qui relatait l’histoire de Séraphin Poudrier et Donalda.  

Quand l’heure arrivait, chacun approchait une chaise proche du poêle.  Une chaise non pas pour s’asseoir, mais pour s’y appuyer car 15 minutes à genoux, c’était quand même assez long.

Grand-maman ouvrait la porte du four qui dégageait une chaleur que j’appréciais en saison hivernale.  Dès que la voix de l’archevêque se faisait entendre, nos doigts se plaçaient comme un automatisme sur les premiers grains de notre chapelet.  Nous étions prêts à répéter nos cinq dizaines de prières.  « Je crois en Dieu », « Notre Père » et « Je vous salue Marie », trois prières qui se suivaient dans un ordre connu de tous.


Faits recueillis sur le site des archives de Radio-Canada:

  • 65% des familles du Québec écoutaient « Le chapelet en famille ».
  • « Le chapelet en famille » diffusé à CKAC a débuté en 1950 et s’est terminé en 1970.

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52 souvenirs d’enfance – Être enfant unique

Être enfant unique

Je me suis souvent fait dire: « Tu es chanceuse, toi.  Tu es enfant unique.  Pas de frère, pas de soeur.  Tu dois être gâtée! »  J’ai toujours détesté me faire dire de telles choses. Ça peut devenir blessant au fil du temps. Parce que, non, être enfant unique ne signifie pas nécessairement être gâtée, obtenir tout ce qu’on désire.  Certes, je n’ai jamais manqué de rien.  Mais j’étais loin d’être une enfant-roi.  Lorsque je désirais quelque chose, je ne l’obtenais pas immédiatement. Ce n’est pas parce qu’on est enfant unique que nos parents ont nécessairement les moyens de nous gâter.

Oui, être enfant unique a certes de bons côtés…

Mais il en a de mauvais également. Un des mauvais côtés qui me vient tout de suite en tête, c’est de n’avoir eu personne avec qui me chamailler.  Pour moi, le fait de n’avoir eu ni frère, ni soeur, a fait en sorte que j’ai trouvé difficile plus tard le fait de voir mes deux enfants se quereller, ne serait-ce que pour des futilités.  Rendue à l’âge adulte, je vivais très mal le fait de ne pas toujours être de la même opinion que mon conjoint.  La moindre petite chicane m’amenait à imaginer le pire des scénarios. 

Fort heureusement…

J’ai eu la chance de passer plusieurs de mes étés au chalet d’une de mes tantes.  Le fait d’avoir passé beaucoup de temps avec mes cousins et mes cousines m’a grandement aidé.  Je les considérais comme mes frères et soeurs. Je pouvais enfin partager mes loisirs avec eux.  J’adorais jouer à des jeux de société. Monopoly, Mile Bornes et Carrières faisaient partie de mes favoris.

Je me suis toujours sentie surprotégée par mes parents. 

Est-ce le lot de tous les enfants uniques? Je n’ai jamais eu énormément d’amies qui venaient à la maison, j’avais toujours l’impression que ça dérangeait.  Je n’allais pas non plus jouer ailleurs.  Ma mère était très stricte et contrôlante.  « Où vas-tu? » « Avec qui? »

Tout au long de mon enfance et de mon adolescence, j’ai eu énormément de restrictions pour les sorties et les heures de rentrée.  Difficile à vivre, surtout à la période de l’adolescence!

Par contre, j’ai su très tôt m’adapter à la solitude.

J’ai développé des loisirs qui exigent du travail intellectuel.  Lecture, dessin, écriture ont fait partie de ma vie dès mon plus jeune âge.

Je ne peux pas dire que j’ai vraiment souffert de ne pas avoir de frère ou de soeur, mais j’avoue que, secrètement, j’aurais aimé à certains moments de ma vie avoir un grand frère pour me protéger.



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52 SOUVENIRS D’ENFANCE – DE LA MAIN GAUCHE

De la main gauche

Si on recule dans le temps, les gauchers avaient mauvaise réputation.  Tu as sûrement entendu des expressions telles que: « Être gauche« . Comme si écrire de la main gauche faisait de nous des maladroits!

Je suis gauchère. Mais il m’arrive aussi d’écrire de la main droite.  Je me considère donc comme ambidextre puisque j’utilise autant ma main droite que ma main gauche.

L’époque durant laquelle on nous empêchait d’écrire de la main gauche n’était pas très loin derrière moi.  Au début du XXe siècle, l’école interdisait même aux élèves d’écrire de la main gauche. J’ai même souvenance d’avoir entendu parler qu’une de mes tantes aurait connu les sévices de la gauchère en recevant des coups de règle de bois sur les doigts la contraignant à se servir de sa main droite pour écrire.  Quelle idée!

Heureusement, la religieuse qui m’enseignait en première année n’avait rien contre.  Même qu’elle souriait lorsque je changeais de main pour terminer l’exercice qu’elle nous avait proposé.  Je secouais alors la main gauche pour ensuite continuer à écrire avec ma main droite.

Pour l’écriture et le dessin, je suis beaucoup plus habile de la main gauche.  Par contre, je découpe de la main droite.  Il faut dire que dans les années ’60, les ciseaux pour gauchers n’existaient pas encore.  Du moins, je ne le crois pas.

Je tiens ma fourchette de la main gauche.  J’irais jusqu’à dire que j’ai un réel avantage sur les droitiers qui doivent continuellement changer leur fourchette de main lorsque vient le temps d’utiliser le couteau pour couper leur nourriture.

Est-ce que le fait d’être gauchère a fait en sorte que j’ai une plus grande capacité d’adaptation que les autres?  Je dirais que oui puisqu’aucun outil n’avait été conçu pour les gauchers, j’ai dû trouver des façons de m’adapter.

Je me suis toujours considérée différente des autres. J’ai vite trouvé l’avantage de ne pas être droitière. J’avais entendu dire que les gauchers étaient des artistes dans l’âme et je me suis mise à y croire!

Je suis fière d’être différente!


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52 souvenirs d’enfance – Ma première bicyclette

Ma première bicyclette

J’ai reçu ma première bicyclette à l’âge de 6 ans.  Une CCM bleue turquoise et blanche 24 pouces. Les freins aux pédales.  C’est d’ailleurs la seule et unique bicyclette que j’ai eue.  On avait affaire à prendre soin de nos choses lorsque nous étions enfants car la vie n’était pas toujours facile côté financier.

Mes parents avaient choisi cette bicyclette dans le but que je la conserve longtemps, car je me souviens très bien que j’avait de la difficulté à l’enfourcher et même d’atteindre les pédales.  Ce vélo était beaucoup trop haut pour moi.  La preuve, mon père avait même fixé des blocs de bois sur les pédales pour me faciliter la tâche… et deux petites roues à l’arrière pour me permettre de garder l’équilibre.

À tous les ans, mon père prenait le temps de repeindre mon vélo ou du moins faire de petites retouches de peinture pour s’assurer que la rouille ne l’atteigne pas. 

Des genoux écorchés, j’en a eus!!!  Des « débarques », j’en ai pris!!!  Mais bon, ne dit-on pas que c’est en forgeant qu’on devient forgeron! Tiens cette citation me rappelle que mon grand-père paternel était forgeron de métier!

J’ai gardé cette bicyclette longtemps!!! Je l’ai même encore utilisée une fois mariée.  Et un jour, j’ai pris la décision de la vendre à une dame qui ne pouvait pas utiliser une bicyclette avec vitesses aux poignées à cause de l’arthrite qui la contraignait dans ses gestes.

C’est avec la larme à l’oeil que je vois ma bicyclette prendre une autre route!


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52 souvenirs d’enfance – La laveuse à tordeur

La laveuse à tordeur de ma mère.

Même si les laveuses à linge, telles qu’on les connait aujourd’hui, ont fait l’apparition dans les foyers québécois à la fin des années ’50, ma mère tenait mordicus à conserver sa vieille laveuse à tordeur.  Pour le lavage, les vêtements étaient déposés dans la cuve remplie d’eau savonneuse et on devait ensuite les passer un à un dans l’essoreuse à rouleaux.

Mais un jour…

Dans les années ’60, ma mère s’est enfin décidée à franchir le pas vers la nouvelle technologie.

Je me souviens encore du moment où on est venu chercher sa vieille machine à tordeurs.  Les hommes ont embarqué la laveuse sur une remorque et ma mère a pleuré toutes les larmes de son corps lorsqu’ils sont partis avec « l’antiquité ».  Elle est resté là, debout sur le balcon, les yeux rivés sur le camion conduit par l’homme qui lui avait arraché son antiquité jusqu’à ce qu’il tourne le coin de la rue et disparaîsse à tout jamais.

La corde à linge

Pour les faire sécher, les vêtements mouillés étaient accrochés sur la corde à linge à l’aide d’épingles de bois.  La poulie soutenant la corde à linge qui s’étirait jusqu’au poteau d’Hydro Québec avait été fixée à la brique de la maison par mon père. 

Je ferme les yeux et je me souviens encore de l’odeur fraîche des draps séchés au gré du vent sous le soleil radieux.  Ma mère étendait dehors même en plein hiver.  La pauvre, elle pouvait bien faire de l’arthrite à la fin de sa vie.  Quand on rentrait les vêtements à l’intérieur, ils étaient raides comme une barre de fer et on devait les étendre à nouveau au sous-sol sur des cordes tendues d’un  mur à l’autre pour qu’ils puissent dégeler!  On faisait tout ça pour l’odeur!  Ca sentait l’frais!!!

Photo prise dans une Ruelle Verte de Montréal.
Crédit photo: Josée Cousineau

Le repassage

Adolescente, j’avais été mise en charge du repassage.  Était-ce parce que je le faisais bien?  Ou était-ce parce que cette tâche ingrate ennuyait ma mère?  Je ne saurais le dire.  Sauf que je me souviens très bien que durant la période estivale, j’installais la planche à repasser sur le balcon et j’accomplissais cette tâche en prenant du soleil.  Faire deux choses à la fois ne date donc pas d’hier!

Me croiriez-vous si je vous disais qu’à l’époque, on repassait tout… tout, tout, tout… même les serviettes, les linges à vaisselle et les taies d’oreillers. 

Finalement, à bien y penser, je ne vous cacherai pas que la sécheuse a fini par nous épargner énormément de travail!


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52 souvenirs d’enfance

LE CAMION DE LUCKY ONE

Plusieurs se souviendront du camion de Lucky One qui passait à domicile tout comme le laitier et le boulanger. 

Le rôle de ce marchand était de nous livrer les boissons gazeuses directement à notre porte.  Encore une fois, ce livreur nous laissait monter à bord de son camion pour qu’on puisse choisir les bouteilles de liqueurs qu’on désirait.  Il mettait ces bouteilles de verre dans une caissette en bois ou de plastique… caisse de 24 si ma mémoire est bonne.  Et on devait lui remettre les bouteilles vides à chaque semaine.

Pas toujours facile d’arrêter notre choix entre la bière d’épinette, le cola, le « Ginger Ale », l’orangeade, la liqueur de raisin, le « crème soda », le nectar et la racinette « Root Beer ».  Je suis certaine que j’en oublie tellement il y avait de sortes différentes.

En plus des boissons gazeuses, c’est auprès de ce marchand qu’on se procurait nos croustilles. (« Chips »).  Les « chips » étaient dans des sacs de plastiques transparents déposés dans des contenants de métal.

Lorsque le livreur de Lucky One passait, c’était la fête!


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Souvenirs d’enfance – Le boulanger et le laitier

Le boulanger et le laitier

À tous les jours, le boulanger et le laitier sillonnaient les rues de notre quartier à bord de leur camion et nous livraient le pain et le lait directement à notre porte.

Le laitier

À l’époque, le lait était vendu dans des pintes de verre.  On pouvait même voir la crème qui reposait tranquillement sur le dessus.  En hiver, elle faisait même sauter le bouchon si on laissait la pinte trop longtemps sur le balcon.

Pour laisser savoir au laitier que nous avions besoin de lait, on devait afficher un carton à notre fenêtre et on laissait tout simplement les bouteilles vides sur le perron.

À l’époque la pinte de lait se vendait $0.24. * Je me souviens qu’on laissait notre pièce de $0.25 dans la bouteille de verre.  Est-ce qu’on pourrait encore faire ça de nos jours?

Mais il n’y avait pas que le lait que nous pouvions nous procurer auprès du laitier.  Il y avait aussi la crème fraîche, les œufs, le beurre et le lait au chocolat.  Lorsque ma mère achetait une pinte de lait au chocolat, alors là, c’était la fête!

Apparemment que le métier de laitier à domicile existe encore à certains endroits.

Crédit photo: Josée Cousineau

Le boulanger

Le boulanger aussi passait de porte en porte.  Même principe, on laissait notre carton à la fenêtre pour lui indiquer que nous désirions acheter du pain.  Je me souviens que nous avions accès aux produits boulangers en entrant par l’arrière du camion.  Ca sentait tellement bon!

Pains tranchés, pains croûtés, brioches, beignets fourrés à la crème et à la confiture, petits gâteaux Vachon, biscuits, petits gâteaux St-Joseph, tartes aux fruits et tartes au sucre se chevauchaient sur les tablettes pour nous en mettre plein la vue.

Tout était frais! Les beignes allemands recouverts de sucre en poudre ainsi que les brioches à la confiture glacées à la vanille faisaient partie de mes desserts préférés.  Rien à comparer à ce qu’on nous vend de nos jours!

Les laitiers et les boulangers faisaient partie de notre vie, ils connaissaient tout de notre famille, ils connaissaient même nos préférences.

Quoi d’autres …

Chez ma grand-mère, qui habitait à Montréal dans le quartier Villeray, j’ai souvenance du vendeur de glace, du « guenilloux » et de l’aiguiseur de couteaux qui passaient dans la ruelle.

Et toi, tu as connu ce type de marchands?



*Source: Sympatico/actualités

Souvenirs d’enfance – La boîte à lunch

La boîte à lunch

Dès ma première année, je devais apporter mon « lunch » pour le dîner.  Aucune école de construite près de chez moi, je devais prendre l’autobus scolaire pour me rendre à l’école située à plusieurs kilomètres de la maison.

Les petites boîtes à lunch du temps étaient fabriquée en métal.

Menu principal

Étant très difficile à l’époque côté alimentaire, mon menu n’était pas très diversifié.  Et il faut dire aussi que dans les années ’60, le choix des aliments était beaucoup moins nombreux à l’épicerie que de nos jours.

J’ai mangé beaucoup de sandwiches au « Paris Pâté », sans moutarde.  Juste du beurre.  Pain blanc évidemment.  Au fil du temps, mon menu a été un peu plus varié : sandwich au poulet mayonnaise, sandwich au jambon moutarde et le vendredi, j’avais droit au sandwich au beurre d’arachide Kraft agrémenté d’un peu de confiture.

Les crudités se limitaient aux concombres, au céleri et aux carottes.  Pommes et bananes se sont côtoyées dans ma boîte à lunch pour l’heure de la collation.  En hiver, l’orange agrémentait l’heure de mon dîner de par sa couleur et son goût sucré.  À chaque hiver, mes parents revenaient de la Floride avec d’immenses sacs de filet gorgés d’oranges et de pamplemousses roses. Ils avaient fait le plein de vitamines sur la plage, tandis que je faisais le plein en mangeant des agrumes.

Dessert et breuvage

Pour le breuvage, ma mère me donnait de l’argent pour que je me procure des coupons qui me donnaient droit à un demiard de lait ou de lait au chocolat. Comme la plupart des enfants, j’optais le plus souvent pour le chocolat au lait. On devait faire la file à tous les midis pour récupérer notre petite bouteille de verre.

Les p’tits gâteaux Vachon étaient très populaires pour le dessert.  Qui ne connait pas les petits gâteaux Vachon? Le choix était beaucoup plus varié que pour les fruits et légumes : le Jos Louis, la ½ lune au chocolat ou à la vanille, et le papillon.  À l’époque ces petits gâteaux ne coûtaient que 10 cents l’unité.

Et si je te parlais des boulangers et des laitiers qui nous desservaient à domicile…

À suivre…


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Souvenirs d’enfance – Premier jour d’école

Premier jour d’école

Septembre 1961.  Je me revois encore marcher main dans la main avec ma mère jusqu’à l’arrêt d’autobus.  Je suis tellement anxieuse à l’idée de monter seule à bord de ce gros véhicule jaune.  

Crédit image: Pixabay Free Image

Mes parents et moi venions tout juste d’aménager dans une nouvelle maison « de banlieue ».  Un « bungalow ». Les rues n’étaient toujours pas pavées. Les maisons poussaient comme des champignons sur les anciennes terres fertiles. Déménagés depuis juin, nous étions toujours privés du téléphone. En ’61, c’était le seul instrument de communication qui nous permettrait d’échanger avec la famille et les amis. Nous devions parcourir quelques kilomètres à pied pour atteindre une cabine téléphonique.  Le téléphone manquait vraiment à ma mère qui avait l’habitude de parler à la sienne à tous les jours. 

Rendue au coin de la rue où je dois attendre l’arrivée du véhicule qui me transportera jusqu’à l’école, la camionnette de Bell Canada passe juste à côté de nous.  Maman lui fait un grand signe de la main signifiant au chauffeur d’arrêter pour se faire confirmer, à mon grand désespoir, qu’il se rend bien à notre domicile.  Maman  doit donc me confier à une voisine qui s’assurera de me faire monter à bord de l’autobus avec sa fille qui est déjà en troisième année.  Une habituée de l’école.  Elle s’appelait Jocelyne.  Sa mère avait tressé ses longs cheveux roux.  Je suis rassurée… un peu.


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52 souvenirs d’enfance – L’odeur du cuir

L’odeur du cuir

Lorsque le mois d’août arrive et que je sillonne les allées au Bureau en Gros, il y a cette odeur de cuir qui me chatouille le nez et qui me ramène automatiquement à mes premières années d’école.  Ces années semblent être les plus anciennes qui me reviennent en mémoire.

Mon premier sac d’école

Je ferme les yeux et je vois mon premier sac.  Il était en cuir rouge.  Deux sangles sur le devant servaient à le maintenir bien fermé.  Que je suis fière de ce sac qui me servira jusqu’à la fin de mon primaire. Ce n’est pas comme de nos jours où les enfants doivent étrenner un sac neuf à chaque septembre pour refléter un thème ou la couleur de l’année.  Non, non!  Nos parents investissaient dans un sac qui était fait pour durer.  C’était comme ça!

Les livres

Tous nos livres devaient être recouverts.  Je me souviens qu’à chaque début d’année scolaire, je revenais à la maison avec ma pile de bouquins.  Maman et moi passions une partie de la soirée à les recouvrir avec un joli papier de couleur, un papier kraftol.  Un papier qui s’achetait en rouleau. Nous avions le choix entre le rouge, le bleu, le vert et le brun.  Évidemment, le rouge demeurait et demeure toujours ma couleur préférée.  La couleur de la passion.  On y apposait ensuite une étiquette portant notre prénom et notre nom de famille.  Chaque élève était responsable de ses livres et devaient les garder en bon état jusqu’au 23 juin qui marquait la fin de l’année scolaire.

Les cahiers

Quel plaisir que d’utiliser un cahier neuf!  À 65 ans, j’éprouve toujours la même sensation! Je me souviens que nous devions aligner les lettres entre deux lignes afin qu’elles soient toutes de la même hauteur.  On devait même les incliner un peu vers la droite.  Pour nous aider, à nos débuts, on utilisait un genre de « stencil » qu’on insérait derrière la page de notre cahier Canada pour s’assurer que tout était écrit de la bonne façon, à la façon dont l’enseignante le désirait. 

Crédit photo: Pixabay (photo gratuite libre de droit)

Je me souviens qu’en première année, nos cahiers « Canada » comportaient une marge à gauche de la feuille et on devait systématiquement écrire: « J.M.J. »  pour identifier Jésus, Marie, Joseph.  Quelle idée!!!  Vrai qu’à l’époque, ma première enseignante était une religieuse.  Sœur Marie Paul. Lorsque le devoir était bien réussi, nous avions droit à un petit collant qu’elle apposait juste à côté de la note qu’elle nous avait attribuée.  Un petit ange, un papillon, une fleur… et parfois, nous recevions une image sainte.

L’odeur de cuir.  Je me souviendrai toujours de cette senteur que je retrouve encore avec plaisir à cette période de l’année.